Des concours et .. une vie au pré ?

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Si les chevaux de loisirs ou de club (du moins, les clubs que j’ai côtoyé) jouissent d’une vie au pré, il n’en est pas de même pour la majorité des chevaux qui font du concours. Si je peux tout à fait comprendre qu’on ne laisse pas un cheval à 50 000 euros dehors h24 et en troupeau, pourquoi les priver majoritairement de la possibilité de se mouvoir librement une grande partie de la journée ? Pourquoi leur offrir un paddock de 20m² (quand ils ont de la chance) seulement une heure ou deux dans la journée ? Pourquoi les mettre au marcheur plutôt qu’au paddock ?

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On m’a souvent dit que les chevaux qui vivent au pré sont plus mous au travail que ceux qui vivent au box, car ils gaspillent leur énergie à se déplacer, se réchauffer l’hiver (alors que la plupart des écuries ne sont pas chauffées), puis il arrive aussi que ces goujats de chevaux osent partir dans des galops effrénés dans leur pré. Quand cela arrive, souvent le même triste constat .. Il faut vite aller récupérer le-dit cheval et le remettre au box. Coupable d’avoir osé être un cheval, pour une fois.

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J’ai toujours eu mes chevaux au pré, c’est bien la seule chose intelligente que j’ai fait sans avoir besoin d’y réfléchir. Mais j’ai eu l’expérience d’avoir mes chevaux en écurie pendant un mois lorsque je louais une partie d’écurie dans le but de développer ma structure. Malgré les longes avant de monter et le fait qu’elle soit dehors toute la journée (dans un trop petit paddock), Atina était devenue odieuse, ingérable, tant à pied que monté. C’est simple, Atina ne supporte pas le box et cherche à sauter les portes, se cabre, se jette contre les murs. Depuis son retour à la maison, elle a retrouvé sa sérénité.

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Cela fait 3 ans que je travaille des chevaux pour la compétition. J’ai tourné jusqu’en 120 avec des chevaux qui, jusque là, n’avaient connus que le box. Mais une grande majorité n’ont jamais connu le box et ne manquaient pourtant pas de ressources pour enchaîner trois jours de concours, sur 110 uniquement certes, mais ils étaient pourtant censés avoir déjà utilisé le cota énergie en marchant dans leur pré, ne l’oublions pas !

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Je me demande tout de même qui est la personne qui s’est dit qu’un cheval serait performant en passant la majorité de son temps immobile ? N’y a-t-il pas plus de risques de blessures en demandant un effort soutenu à cheval après 23h passées dans son box ? Alors oui, les risques au pré existent bel et bien également, risques de blessure, coups de pied, d’escapades nocturnes,  de morsures,.. mais ce n’est que la vie d’un cheval (ok, sauf la partie escapade .. Titoune ce message est pour toi !!). Mais quel plaisir que de les voir galoper tous ensemble,  de les voir dormir au soleil complètement apaisés.. Pour rien au monde je ne leur enlèverais cela.

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A présent, quelques témoignages de personnes ayant leurs chevaux au pré tout en alliant la compétition.

Mélissa Thevanne

« J’ai eu Tip Top quand il avait 4 ans. Il n’a été au box que le temps du débourrage autrement il n’avait connu que la vie au pré avec les autres poulains. De ce fait, il n’y a pas eu de changement particulier pour lui.

Nous avons choisi la vie au pré, tout d’abord d’un point de vu financier. Nous n’avions pas les moyens de mettre 400-450 euros/mois pour une pension au box acceptable. Je connaissais également les gérant depuis pas mal de temps (mon poney y était déjà en pension depuis 2/3 ans) et j’avais totalement confiance en eux au niveau des soins. Et finalement, je préférais le savoir dans son immense pré que dans un box. En plus le cheval était vraiment bien dans sa tête et je n’ai eu aucun problème de colique/tique/engorgement ect… lié au box. Les conditions de vie étaient idéales, Tip Top avait pour lui seul 1.5 hectares et un abri. Autant dire que la boue, il ne connaissait pas et il avait de l’herbe toute l’année !

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En hiver, il avait du foin 2x par jour et 4L de compléments afin qu’il se maintienne en état. En revanche, à partir du printemps, il avait souvent tendance à trop grossir, nous étions donc obligés de le rationner en herbe en continuant à le complémenter en granulés pour le soutenir durant les concours. Les 2 premières années, il n’était vraiment qu’à l’herbe mais en changeant de niveau, on a été obligé de changer notre manière de le nourrir car les épreuves lui demandaient un apport énergétique supplémentaire que l’herbe seule n’apportait pas.

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Je n’ai vraiment noté aucune différence dans ma manière de fonctionner par rapport aux chevaux qui sont au box. Il était tondu entièrement tête et membres inclus, par contre je couvrais en conséquence. Je le travaillais 5-6 fois/semaine, on allait en concours le week end. J’ai même évité les désavantages des chevaux au box, il n’avait jamais engorgé et pouvait rester sans bandes après les compétitions. Je pense qu’il était également beaucoup plus disponible en étant au pré les lendemains de concours. Les 2 désavantages de ce mode de vie pour moi, c’est la gestion de l’alimentation, et les mouches l’été (Tip Top fait des allergies). Autrement dans mon cas, il n’y en avait pas d’autres. Pour le moment, il est en pré-box étant donné qu’il m’a suivi pour mes études et que c’est très compliqué de trouver une bonne pension pré, mais dès que cela sera à nouveau possible, il retournera au pré h24. »

https://www.youtube.com/watch?v=HMjwv1q0y0k

Lucile Picker

« J’ai été cavalière soigneuse et enseignante pendant 10 ans dans le monde équestre. J’ai travaillé en majorité dans des écuries de CSO, CSI mais également de dressage, de course  de trot, d’endurance etc…. J’avais une approche plutôt classique, mais je ne m’y retrouvais pas. Trop de conflits avec les chevaux, et je ne me sentais pas à ma place. Je cherchais toujours la possibilité de mettre ma jument personnelle au pré avec des compagnons le plus possible. Ce n’était pas toujours évident, et quand elle devait rester au box j’avais toujours des soucis avec elle. Elle devenait très très raide et très compliquée moralement. Il lui arrivait fréquemment de se blesser.

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J’ai alors décidé d’arrêter d’en faire mon métier pendant 10 ans. J’avais mes poulains pour mon plaisir. Un jour alors que j’habitais dans une propriété de 2ha dans le Var, je me suis posée la question de prendre mes chevaux chez moi. Je n’avais alors qu’un pré remplit de cailloux où seuls les oliviers et les vignes poussaient. C’était il y a 6 ans exactement.

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Je me suis alors mise à potasser le sujet des pieds et de la possibilité de mettre des chevaux sur des terrains caillouteux, chose que j’avais toujours pensé néfaste pour eux. J’ai alors fait la connaissance des pieds nus et du système des paddock paradise. J’ai donc aménagé mon terrain et accueilli mes.chevaux chez moi. J’ai pu observer l’évolution des pieds nus de mes poulains et des autres chevaux que j’ai eu chez moi. J’ai constaté une véritable évolution de ces derniers ainsi que sur mes chevaux qui étaient dans un premier temps mal à l’aise sur les cailloux, puis qui sont devenu incroyablement réguliers sur tous types de terrain.

A l âge de débourrer une pouliche, j’ai fait le choix de ne pas la ferrer. Il s’est avéré que cette pouliche avait une petite calcification entre la 2ème et 3ème phalange, qui est un des rares cas qui pose vraiment problème sur des pieds nus. Pourtant aujourd’hui elle est toujours pieds nus et elle est sortie en formation 3 et préparatoire 1.25m l’an dernier.
Lors de cette expérience dans le var je ai aussi pu apprécier l’émulsion qu’il pouvait y avoir dans un troupeau de 4 à 6 chevaux et j’ai passé des heures à les observer et à apprendre… J’ai vu une jument rester avec moi veiller une autre jument en colique. Une nuit où je n’ai pas pu me lever pour surveiller le poulinage d’une shetland, car j’ai également accouché quelques heures plus tard, ce sont tous mes chevaux qui, au petit matin, m’ont averti en hennissant. Je suis allée voir au plus vite, c’était merveilleux de les voir tous à côté de la maman et du poulain à admirer la chose la plus merveilleuse qu’il soit.

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J’ai eu aussi cette ânesse qui passait la clôture seulement pour me suivre avec ma pouliche en balade… C’était de magnifiques moments où tout est en harmonie et mes chevaux me donnaient tellement de bonheur… Je pouvais aussi partir en ballade à pied avec mon shetland et mes 2 agneaux en liberté…. J’ai également débourré ma pouliche dans le parc avec ses copains. Tout était si facile et il n’y avait plus de conflits.

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Dans le même temps, j’ai travaillé pour une marque d’aliments pour chevaux et j’ai donc reçu une formation sur l’alimentation…. Ici aussi, vendre des granulés ne me convenait pas et je voulais trouver une autre alternative plus compatible avec mon approche, ce que j ai fait. mes chevaux ont des céréales germées avec un supplément de cmv actuellement.
Lorsque j’ai repris le chemin des concours, c’était pour moi une évidence que cela se ferait dans des conditions similaires. Il a fallu que je me penche sur le parage naturel pour effectuer un suivi par moi-même très régulièrement pour aider un maximum le pied à se renforcer. Pour le reste, mes chevaux vivent en troupeau toute l’année dehors. Je ne les tonds pas et ne les couvre pas non plus d’ailleurs.

Depuis, je me suis formée en communication animale et mes chevaux m’ont confirmé leur bien être ainsi. Le sport n’est pas incompatible avec une vision plus respectueuse des chevaux. »

Jeanne Denis

« Le choix de mettre mon cheval au pré fut dans un premier temps économique et pratique. Mon père et moi sommes agriculteurs et nous possédons, de ce fait, des champs. Mon oncle quant à lui fut contraint de prendre une retraite anticipée suite à de soucis de santé. Il a donc acquis des champs supplémentaires afin d’ouvrir une petite pension pour son plaisir. C’est aussi un choix éthique, nous ne concevons pas d’avoir des chevaux vivant enfermer h24 au box.

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Les chevaux sont nourris avec notre foin, et l’hiver nous les complémentons avec de l’orge et pasture mixte si besoin est. Mon cheval n’est pas tondu, n’a pas de couverture, la gestion est trop compliquée. Il faut prévoir 1 h d’avance afin de l’attraper, c’est son seul gros défaut. Lorsque cela est possible, nous l’enfermons en box pour la veille d’un concours, afin d’éviter de lui courir après ! Il a toujours vécu au pré. »

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10 réflexions sur “Des concours et .. une vie au pré ?

  1. Super ! Je suis toit à fait d’accord avec toi. Mes chevaux font des concours, vont au pré tous les jours en troupeau et s’en portent très bien. J’aimerais d’ailleurs encore augmenter leur temps passer dehors avec le système de paddock Paradis dés que je pourrais me le permettre.

    J’ai des chevaux qui font de la compétition passé 20 ans car ils restent en super forme, ne boitent jamais ect grâce au fait de bouger énormément, d’adapter leur travail et depuis un an, nourrir sans céréales.

    Et les petites blessures bien entendu mais elles peuvent même arrivées en transport, en ballade, …

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  2. Moulin

    Je ne supporte pas de voir un cheval au box . Ma jument queen Fary à toute l année vécu dehors et à eu d excellents résultats en complet … super bien dans sa tête et jamais malade … quel intérêt de la mettre au box ? Côté pratique pour le cavalier pour aller la chercher cette semaine mais mais pour le reste ? Je n en vois pas l’intérêt . La jument était bien dans sa tête , disponible et robuste car habituée à vivre dehors en route saison .elle est poulinière aujourd’hui .. est ce que nous nous vivrerions dans des toilettes pour sortir et uniquement faire de la gymnastique ?

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  3. Gab

    Cher amis ! Sachez que en participant a des 1,60m majument qui vivaient dehors 24/7 mettais 10 seconde d’avance a chacun et n’as jamais ete fatiguee a la fin d’un parcours !!!
    Tous mes chevaux actuelle ( qui pour le monent sont jeunes et mon plus talentueux fait des 1,30m ) vivent tous dehors 24/24 7/7 et ne manque jamais d’energie au contraire ils en ont trop !!!

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  4. Ping : Des concours et .. du pieds nus ? – Equiteam Performance

  5. Camille W

    Je sors en 100 110cm et ma jument est au pré H24 et non tondue… c’est plus de temps de sechage apres l’effort (oui c’est plus facile de tondre et de ranger poney quand on a fini sa petite leçon) mais je passe du temps avec elle et c’est tout ce qui compte! Je suis classée presque à chaque concours avec une jument hyper réactive (et en plus c’est une trotteuse!) je ne regrette absolument pas d’avoir choisi le pré comme mode de vie de ma jument

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  6. Gaëlle

    Je partage ton avis sur la vie des chevaux aux prés, même si ils font du concours.
    J’ai crue comprendre que tes chevaux étaient chez toi, comment t’y es-tu pris pour acquérir des terrains ?

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  7. Ping : 28 AVR. – LE CONCEPT ÉQUI-PISTE

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