Conférence Bit Fitting 2016.

La dite conférence date de l’été 2016. Comment ça je suis en retard ? Que nenni, j’ai une conférence de l’hiver 2014 sous le coude, ne me sous estimez pas !

En juin 2016 donc, j’ai assisté à une conférence sur le Bit Fitting au Pôle de Formation Equestre de Pierrelatte. Cette dernière était animée par Karin Toetenel, une jeune femme hollandaise.

Ayant une mémoire un peu de poisson rouge, je ferais l’article à partir des notes que j’ai prise et un peu de ce dont je me souviens. Donc si j’oublie des détails importants, n’hésitez pas à me lancer des cailloux en hurlant au scandale. N’ayant pas pris de notes durant la partie pratique, je ferais avec ce dont je me souviens.

Bit Fi .. quoi ?

Tout d’abord, qu’est ce que le bit fitting ? Littéralement « mors convenance » (je sais je vous impressionne par ma maîtrise de la langue de Shakespeare), le bit fitting est le fait d’ajuster un mors et un filet à la tête du cheval. Parce que non, se prendre la tête à trouver la bonne selle ne nous suffisait pas, alors on s’est dit qu’on allait en plus de ça se prendre la tête à trouver le bon filet et le bon mors.

Qu’on se le dise. Le terme « anatomique » est purement commercial, mais on remercie l’effort. Si oui, ils ont fait des jolies découpes et des têtières aussi larges que les fesses de Titoune, il n’empêche que le terme est aussi là pour pousser à la consommation (ah bon ?).

Dans un premier temps, le bit fitter va s’assurer que tout est ok côté poney. Parce que si vous faites venir l’ajusteur de filet parce que poney secoue la tête, se défend ou autres joyeusetés et qu’il a des surdents qui lui traversent les joues et la nuque complètement en vrac .. Son intervention sera totalement biaisée. Idem côté cavalier, s’il retombe lourdement dans sa selle ou qu’il se sert de ses rênes avec la délicatesse d’un char d’assaut, il ne faut pas s’étonner que poney fasse remarquer son mécontentement.

La mumu, la muserolle !

Je crois que nous n’avons pas besoin de revenir sur le sous titre ci-dessus.

La muserolle (et non muselière, muserrole, muserole, muzerole) sert à stabiliser la mâchoire du cheval au cours du travail, elle est traditionnellement réglée à deux doigts en dessous de l’apophyse zygomatique. On nous l’a tous appris, rabâché. Et bien madame (ou mademoiselle, on partira sur madame) Toetenel nous explique qu’une muserolle ajustée de la sorte, si elle est ensuite serrée (quand la peau fait des plis c’est ce que c’est un pitit peu trop serré, quand il ne respire plus c’est un pitit pitit peu trop serré) exerce des pressions sur des terminaisons nerveuses. Donc, fatalement, douleurs, inconforts and cie. Il vaut mieux avoir votre muserolle plus haute que la « normale » plutôt que trop basse. Vous avez déjà sûrement vu des chevaux secouer la tête avec beaucoup de violence quand on leur desserre la muserolle et/ou le nose band après un tour ? C’est que c’était trop, beaucoup trop serré.

Les montants de la muserolle doivent être derrière l’apophyse zygomatique afin de réduire les pressions au niveau de la base des oreilles.

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Les anneaux du mors ne doivent pas être écartés, ils doivent rester absolument parallèle à la bouche du cheval pour ne pas biaiser la communication. Si les anneaux chevauchent la muserolle, ce n’est pas bon ! Si la muserolle et le mors sont trop proches (oui oui ça arrive), il y a un risque de blessure hors et dans la bouche du cheval !

Si la muserolle est ajustée trop basse, les montants remontent sur l’apophyse zygomatique, ce qui entraîne une augmentation des pressions sur la base des oreilles, les pressions sur l’os nasal (très fragile !!) et sur les terminaisons nerveuses dont nous avons parlé plus haut.

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En outre, remonter la muserolle permet de stabiliser la mâchoire SANS LA BLOQUER. Parce que oui, la muserolle ne sert pas à FERMER LA BOUCHE mais STABILISER LA BOUCHE crédon. L’usage d’une muserolle plus haute permet donc à la muserolle de jouer son rôle de stabilisateur en laissant tout de même de la liberté à la mâchoire.

Elle n’utilise d’ailleurs pas de nose band (flash en anglais, nose band désignant la muserolle), ce qui serait un comble sachant qu’elle parle de laisser la mâchoire libre tout en l’encadrant gentiment !

Il est où le cucul ? Elle est où la têtière ?

Ecrire tard le soir ne me réussit vraiment pas.

La têtière doit libérer la première cervicale (l’Atlas pour les derniers de la classe) mais ne doit pas non plus être trop large pour ne pas créer de trop fortes pressions sur le ligament nuchal. Je suis sûre que vous vous marrez, mais on a eu des photos assez parlantes par rapport aux têtières !

Aussi, revenons sur la têtière dite anatomique. Anatomique par rapport à quoi ? Sur qui ont été prises les mesures ? Sur un Pur Sang ? Sur un Frison avec un chignon énorme ? Voilà. Je pense qu’il n’y a rien à ajouter, vous vous rendez bien compte par vous même de la complexité de la question. Tapez vous bien la tête contre les murs maintenant ..

Si vous voyez un bôôô bridon en cuir rond .. jusque sur la muserolle, fuyez. Si votre poil s’hérisse devant une muserolle en corde « parce que c’est méchant », imaginez les pressions apportées sur la nuque par du cuir rond et plutôt fin .. Bridon en cuir rond, d’accord, mais avec une muserolle en cuir plat sinon c’est douleurs assurées !

Le frontaaaaal

Ce crâneur inutile a déjà eu son article dédié ici, plus de 25 000 vues et je l’espère, beaucoup de caboches libérées !

Le mors

Victime de différentes orthographes douteuses (non, on ne met pas un cadavre dans la bouche de poney), le mors est au cœur de débats virulents. Mais rappelons nous, le mors est un objet, un objet n’a pas d’émotion ni de conscience, le mors n’est pas méchant. Voilà débat clos.

Bref.

Les mors à simple brisure sont TOUS sans exception (si encore une personne essaie de me prouver le contraire alors que l’évidence est sous notre nez, coup d’tête balayette) dissymétriques. C’est un fait. Les pressions exercées sont basses sur les commissures et hautes dans le palais.

Les mors à double brisures libèrent le palais, la langue récupère en revanche 100% des pressions. Mais méfiance ! En fonction de la conformation de la bouche de poney et de celle du mors, il peut arriver qu’en agissant à droite par exemple, le mors sorte (même juste un peu) de la bouche, et la jointure peut alors venir blesser la commissure. Il faut donc trouver une brisure plus petite, avec des jointures plutôt serrées. En bref, l’impossible.. du moins dans l’Hexagone. Ou alors j’ai mal cherché, ce qui est probable. Grosse teuf quand j’ai réussit à trouver ce mors (même si les jointures sont trop grosses selon le bit fitting idéal).

Les mors droits nécessitent un léger passage de langue, ces mors n’entraînent aucunes pressions sur le palais, en revanche elles sont exercées sur la langue et les barres. Les mors brisés diffusent les pressions dans toute la bouche du cheval.

Les matières des mors sont pour madame Toetenel beaucoup liées au marketing. Le mieux étant de rester sur de l’inox. Comme moi, elle n’aime pas les matières plastiques (caoutchouc et résine) qui assèchent la bouche des chevaux. En revanche, contrairement à moi, elle classe les mors en cuir dans cette même catégorie .. sauf si on les imbibent d’huile avant de les utiliser. Ce que je faisais, évidemment, comme je suis bête et disciplinée !

Pour se donner une idée de quel taille de canons utiliser, il va falloir aller en exploration buccale ! Une grande majorité de la population équine a une grosse langue épaisse, mais il existe aussi des petites langues fines. Il faut également jeter un œil à la forme du palais, se rendre compte de l’espace disponible entre la langue et le palais, la forme des lèvres ce qui peut être déterminant dans le réglage d’un mors. On m’a fait une bonne dizaine de fois la remarque que je serrais trop le mors sur Ulysse, de l’extérieur peut-être, mais réglé plus lâche, le mors venait cogner contre les crochets et ça, sans ouvrir la bouche avec et sans mors dedans, il est impossible de s’en rendre compte !

Voici quelques exemples de bouches pour se rendre compte qu’elles peuvent avoir l’air similaires mais ne le sont pas tant que ça. On m’excusera pour le manque de précision des photos, mais mes chevaux n’étaient pas vraiment fan de l’idée de se faire trifouiller la bouche tout en la gardant calme.

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Partie pratique

Concernant la partie pratique de l’après-midi, nous avons vu évoluer deux chevaux de dressage d’abord avec leur matériel habituel, puis mors différent, bridon différent, avec des mousses, sans mousses, et nous avons vu (ou non) des évolutions en fonction du matériel utilisé. C’était vraiment intéressant !! Malheureusement c’est difficile à décrire, il fallait le voir pour vraiment se rendre compte !

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2 réflexions sur “Conférence Bit Fitting 2016.

    1. Oui je me souviens qu’elle en a parlé, surtout concernant l’ajustement qui est souvent incorrect et qui du coup créé des blessures au niveau de la bouche car les mors se chevauchent .. Mais j’avoue que je n’ai pas plus de notes là-dessus .. Comme je n’utilise pas de bride, j’ai un peu décroché ^^ »

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